Communiqué de la SEPEA – 23 octobre 2023

La Société Européenne pour la Psychanalyse de l’Enfant et de l’Adolescent exprime sa profonde indignation face aux violations inhumaines des droits de l’enfant lors des attaques terrestres et des bombardements par le Hamas, le 7 octobre dernier, de civils israéliens, femmes, enfants, personnes âgées. Elle dénonce les exactions, les tortures et les assassinats commis au même moment, également par le Hamas, et proteste vigoureusement contre la prise d’otages, y compris d’enfants, perpétrée simultanément, otages dont le monde est encore sans nouvelles.

Enfin, elle n’oublie pas non plus l’angoisse et le désarroi que vivent les enfants palestiniens de la bande de Gaza, chassés sur les routes vers un exil sans destination, privés de leur maison, de soins élémentaires et même de nourriture. Certains de ces enfants sont en grave danger de mort, et nous protestons vigoureusement contre tout risque d’atteinte au droit humanitaire.

Les membres de la Société Européenne pour la Psychanalyse de l’Enfant et de l’Adolescent se tiennent à la disposition de leurs collègues d’Israël et de Palestine qui souhaiteraient trouver un espace de parole et d’écoute pour tenter de composer avec les vécus douloureux qu’ils endurent. La SEPEA pourrait participer, même à distance, à l’aide à apporter aux jeunes ayant subi des traumatismes psychiques, mais aussi aux praticiens, eux-mêmes bouleversés, qui entourent et tentent de soulager l’immense souffrance de cette génération sacrifiée. 

Le Président et le Bureau du Conseil d’Administration de la SEPEA.

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The European Society for Psychoanalysis of Children and Adolescents – SEPEA – expresses its deep indignation about the inhuman violations of children’s rights, when the Hamas perpetrated ground attacks and bombing on Israeli civilians, women, children and old people, on October 7th 2023, with atrocities, tortures and murders. The SEPEA protests also forcefully against the hostage-taking, including children, committed simultaneously – as the world is still without any news from those.

The SEPEA does not forget either the anguish and helplessness of Gazan children, forced to be on the roads in an endless exile, deprived from home, basic care and even food. Some of these children are in severe danger of dying, and we vigorously protest against all potential risk to humanitarian law.

The members of SEPEA are at the disposition of their colleagues, psychoanalysts in Israel or Palestine, who would find it useful to have a space to speak and to be listen to, in order to try and manage with the traumatic moments they are experiencing. Although in distance, the SEPEA members could also participate to the help required for the very young people who underwent such unspeakable psychic traumas; they could also try and help the practitioners of psychic care who are devoted to soothe the infinite sufferings of that sacrificed generation, as they themselves are deeply traumatized. 

Contact :
De 11h à 17h
Tél. 06 02 18 80 39Mail : 

Articles récents

  • Les récents articles consacrés à la Fondation Vallée et la fermeture précipitée de ses quatre unités d’hospitalisation pédopsychiatrique appellent une réponse mesurée mais ferme de la SEPEA, d’autant que cela a suscité une campagne de remise en cause de la pédopsychiatrie humaine et pas seulement scientifique.  Oui, les enfants hospitalisés doivent être protégés de toute pratique attentatoire à leur dignité. Les témoignages de souffrance méritent d’être entendus et les enquêtes en cours sont nécessaires. Mais il serait grave de laisser sans réponse l’amalgame qui se dessine dans le débat public : celui qui voudrait faire de la référence à la psychanalyse la cause des dysfonctionnements dénoncés, voire de la crise profonde que traverse la pédopsychiatrie française dans son ensemble. Cette caricature est historiquement fausse. Comme le rappelle le Pr Jacques Hochmann, c’est précisément une inspiration psychanalytique, humaniste et pluridisciplinaire qui a permis à Roger Misès de transformer la Fondation Vallée d’un asile archaïque pour enfants dits « arriérés » en un établissement modèle, reconnu internationalement. La psychanalyse, en apportant des éclairages sur l’affectivité et sur la psychogénèse, inhérentes à tout être humain, n’était pas une « fumeuse stratégie interprétative » : elle constituait l’une des sources d’une pratique centrée sur le sujet, attentive à son histoire, à sa famille, à la singularité de son devenir — en dialogue constant avec les apports des neurosciences et de la psychologie du développement. Car c’est là l’essentiel, que nos décideurs semblent oublier : un enfant, puis un adolescent, orienté vers une unité de soins pédopsychiatriques, n’est pas une entité statistique à diagnostiquer et à orienter. C’est un sujet en construction et en développement dont le symptôme exprime moins un état figé qu’une difficulté d’ajustement à un monde encore en grande partie opaque pour lui. Qu’il présente un trouble psychique sévère ou un trouble du neurodéveloppement, son passé fut interactif et son devenir reste ouvert. Le soin digne de ce nom consiste à accompagner ce processus — dans la durée, dans la pluridisciplinarité, en alliance avec sa famille — et non à le réduire à un profil de risque ou à une trajectoire prédite. Nous ne nions pas l’importance d’une démarche diagnostique rigoureuse, ni les attentes légitimes de l’ARS en matière de qualité, d’efficacité et de transparence. Mais diagnostiquer n’est pas soigner. Et une psychiatrie qui se réduit à l’extraction de données, à la gestion des flux et à la réduction des durées de séjour, au détriment du temps clinique et du travail d’équipe, n’est plus une psychiatrie humaniste : c’est, comme le formule le Dr Richard Horowitz, une psychiatrie extractive, qui ferme l’avenir des enfants avant même qu’il ait pu s’ouvrir. La crise de la pédopsychiatrie française est réelle. Elle est documentée — notamment par le rapport de la Cour des Comptes de 2023. Au regard de ce qui en est attendu, elle tient à des années de sous-investissement et d’absence de dialogue : pénurie médicale, raréfaction des professionnels nécessaires aux équipes soignantes pluridisciplinaires, dégradation consécutive des conditions de travail et fragilisation des institutions soignantes. Relevant du service public, elles sont confrontées à des problématiques sociales et environnementales qui s’imbriquent aux difficultés individuelles, affectives et cognitives, des enfants et des adolescents. Ce n’est pas en désignant la psychanalyse, ni même la psychopathologie, comme bouc émissaire, que l’on soignera cette crise. C’est en redonnant aux équipes les moyens, le temps et la légitimité de faire leur métier : accompagner chaque enfant comme un sujet en devenir, dans toute la complexité et la richesse de ce qu’il est.  Annette Fréjaville (SPP SEPEA)Xavier Giraut (SPP SEPEA)  DOCUMENTS ASSOCIÉS Bernard Golse – À propos de la Fondation Vallée : la psychanalyse a bon dos ! Jacques Hochmann – Un amalgame inacceptable : les propos du délégué interministeriel aux troubles neurodéveloppementaux. Richard Horowitz – La psychanalyse extractive face à l’enfance

  • À l’heure où la psychanalyse est très menacée, il importe de rappeler son rôle éminent dans la transformation civilisatrice des établissements de soins, en approfondissant les formes de transferts dans l’institution, notamment en ce qui concerne les pathologies archaïques.)

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