ARPPEA – Journées Normandes 2026 avec Pierre Delion

Articles récents

  • Les récents articles consacrés à la Fondation Vallée et la fermeture précipitée de ses quatre unités d’hospitalisation pédopsychiatrique appellent une réponse mesurée mais ferme de la SEPEA, d’autant que cela a suscité une campagne de remise en cause de la pédopsychiatrie humaine et pas seulement scientifique.  Oui, les enfants hospitalisés doivent être protégés de toute pratique attentatoire à leur dignité. Les témoignages de souffrance méritent d’être entendus et les enquêtes en cours sont nécessaires. Mais il serait grave de laisser sans réponse l’amalgame qui se dessine dans le débat public : celui qui voudrait faire de la référence à la psychanalyse la cause des dysfonctionnements dénoncés, voire de la crise profonde que traverse la pédopsychiatrie française dans son ensemble. Cette caricature est historiquement fausse. Comme le rappelle le Pr Jacques Hochmann, c’est précisément une inspiration psychanalytique, humaniste et pluridisciplinaire qui a permis à Roger Misès de transformer la Fondation Vallée d’un asile archaïque pour enfants dits « arriérés » en un établissement modèle, reconnu internationalement. La psychanalyse, en apportant des éclairages sur l’affectivité et sur la psychogénèse, inhérentes à tout être humain, n’était pas une « fumeuse stratégie interprétative » : elle constituait l’une des sources d’une pratique centrée sur le sujet, attentive à son histoire, à sa famille, à la singularité de son devenir — en dialogue constant avec les apports des neurosciences et de la psychologie du développement. Car c’est là l’essentiel, que nos décideurs semblent oublier : un enfant, puis un adolescent, orienté vers une unité de soins pédopsychiatriques, n’est pas une entité statistique à diagnostiquer et à orienter. C’est un sujet en construction et en développement dont le symptôme exprime moins un état figé qu’une difficulté d’ajustement à un monde encore en grande partie opaque pour lui. Qu’il présente un trouble psychique sévère ou un trouble du neurodéveloppement, son passé fut interactif et son devenir reste ouvert. Le soin digne de ce nom consiste à accompagner ce processus — dans la durée, dans la pluridisciplinarité, en alliance avec sa famille — et non à le réduire à un profil de risque ou à une trajectoire prédite. Nous ne nions pas l’importance d’une démarche diagnostique rigoureuse, ni les attentes légitimes de l’ARS en matière de qualité, d’efficacité et de transparence. Mais diagnostiquer n’est pas soigner. Et une psychiatrie qui se réduit à l’extraction de données, à la gestion des flux et à la réduction des durées de séjour, au détriment du temps clinique et du travail d’équipe, n’est plus une psychiatrie humaniste : c’est, comme le formule le Dr Richard Horowitz, une psychiatrie extractive, qui ferme l’avenir des enfants avant même qu’il ait pu s’ouvrir. La crise de la pédopsychiatrie française est réelle. Elle est documentée — notamment par le rapport de la Cour des Comptes de 2023. Au regard de ce qui en est attendu, elle tient à des années de sous-investissement et d’absence de dialogue : pénurie médicale, raréfaction des professionnels nécessaires aux équipes soignantes pluridisciplinaires, dégradation consécutive des conditions de travail et fragilisation des institutions soignantes. Relevant du service public, elles sont confrontées à des problématiques sociales et environnementales qui s’imbriquent aux difficultés individuelles, affectives et cognitives, des enfants et des adolescents. Ce n’est pas en désignant la psychanalyse, ni même la psychopathologie, comme bouc émissaire, que l’on soignera cette crise. C’est en redonnant aux équipes les moyens, le temps et la légitimité de faire leur métier : accompagner chaque enfant comme un sujet en devenir, dans toute la complexité et la richesse de ce qu’il est.  Annette Fréjaville (SPP SEPEA)Xavier Giraut (SPP SEPEA)  DOCUMENTS ASSOCIÉS Bernard Golse – À propos de la Fondation Vallée : la psychanalyse a bon dos ! Jacques Hochmann – Un amalgame inacceptable : les propos du délégué interministeriel aux troubles neurodéveloppementaux. Richard Horowitz – La psychanalyse extractive face à l’enfance

  • À l’heure où la psychanalyse est très menacée, il importe de rappeler son rôle éminent dans la transformation civilisatrice des établissements de soins, en approfondissant les formes de transferts dans l’institution, notamment en ce qui concerne les pathologies archaïques.)

  • […] J’ai connu Marta en Suisse, tandis que nous étions toutes deux dans les débuts de notre formation « psy » : en psychiatrie pour elle, en psychologie clinique pour moi. Nous avons suivi des enseignements communs – notamment celui, inoubliable, de Julian de Ajuriaguerra – et chacune de nous deux a glané des graines différentes de cet enseignement : tandis que je me suis centrée sur un travail de recherche en équipe pluridisciplinaire dirigée par lui, sur les troubles du langage chez l’enfant, Marta s’est immédiatement sentie attirée par le travail sur le corps et avec le corps en psychothérapie, à partir d’un autre intérêt de ce maître tellement créatif : les apports possibles à la psychanalyse, d’une technique de relaxation. (Moi, j’ai bien essayé, mais comme je m’endormais à chaque fois que je participais à une séance collective de relaxation de formation, j’ai très vite arrêté … J’en ai saisi la raison plus tard, dans mon analyse !)

  • Nouvelle proposition de loi mais toujours le même logiciel Association Convergence des Psychologues en Lutte 14 décembre 2025   Dans une dépêche de APMnews en date du 11 décembre 2025, nous apprenons que les sénateurs ont entièrement réécrit la proposition de loi 385 qui visait à inscrire les « centres experts » de la Fondation FondaMental dans le code de la santé publique. Dans notre dernier communiqué, en date du 7 décembre, nous critiquions vivement cetteproposition de loi et ses fondements relevant d’une idéologie scientiste et néolibérale.