Loup y es-tu ?

La projection à l’Assemblée Nationale de Loup y es tu ?, le documentaire réalisé par Clara Bouffartigues activement soutenu par la SEPEA, a permis de faire entendre la clinique des CMPP autrement que par des chiffres et des procédures.

Le 18 octobre 2023une soirée projection et débat du film de Clara Bouffartigues Loup y es-tu ? s’est tenue à l’Assemblée Nationale. Nous en devons l’initiative à la Fédération Française des Psychologues et de Psychologie (FPPP) et à sa présidente Gladys Mondière, dans le cadre de la semaine de la santé mentale. Elle s’est déroulée en présence d’un groupe de députés d’appartenance transpartisane qui ont répondu à l’invitation de la FPPP pour réfléchir à la crise que traverse la pédopsychiatrie. Cette projection a rassemblé un certain nombre d’acteurs clés du secteur de la pédopsychiatrie avec des représentants nationaux de plusieurs associations de professionnels du soin psychiqueet organisations nationales de professionnels de la santé mentale pour les enfants, les adolescents  nationales de professionnels de la santé mentale pour les enfants, les adolescents et leurs familles.  Ces associations étaient invitées par Mme Sandrine Josso, Mme Anne-Cécile Violland et M. Éric Poulliat, respectivement députés de la Loire Atlantique, de la Haute Savoie et de la Gironde.

La SEPEA, partenaire de Loup y es-tu ?,  était représentée par son Président Xavier Giraut, sa Vice-Présidente Annette Fréjaville et sa Secrétaire Générale Catherine Fayard. Nous rappellerons que ce film avait fait l’objet d’une projection en avant-première lors du Week-end SEPEA de septembre 2022. Il est sorti en salle le 12 septembre 2023 et des projections Cinés/Débats se poursuivent actuellement à Paris et en région.

Bande annonce du film « Loup y es-tu ? »

Ce film, de Clara Bouffartigues, qui n’est pas qu’un documentaire, a été tourné dans les locaux du CMPP Claude Bernard, 75005. Il est le fruit d’un long travail de préparation débuté en 2016, par des repérages, un temps d’écriture puis le tournage sur une période de quinze mois évitant le confinement de la pandémie de 2020. Il nous plonge au cœur de ce qui se joue entre l’intersubjectif de la rencontre patients-intervenants, mais aussi de ce qui se dessine de l’intrapsychique de chacun. Les pensées se tissent au gré des interventions des professionnels, dans leur diversité, avec le même souci de perspicacité et d’humanité.

Les séquences cliniques, individuelles ou de groupe, sans commentaires ou contextualisations superflues, sont ponctuées par des scènes animées et oniriques, scénarisées avec les objets et jouets qui vivent leur propre vie dans la nuit des locaux du CMPP, comme un analogon des processus inconscients. Nous citerons ce petit crayon cassé par un petit patient et qui, rafistolé, transformé, va, tel le héros d’un rêve, s’animer sous le regard de la caméra et des locaux, plongés dans la pénombre de la nuit.

Un grand nombre d’associations qui comptent et s’engagent pour une psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent humaine, si ce n’est humaniste, ont participé au débat riche mais bien trop court qui a suivi cette projection. Chacun des représentants des associations invitées a insisté à sa manière, sur la nécessaire contextualisation des troubles d’appel, avec la prise en considération des personnalités en leur ensemble, mais aussi des familles, enfin sur l’indispensable pluridisciplinarité des soins.

La députée Sandrine Josso nous a assuré que cette occasion d’une présence de la pédopsychiatrie à l’Assemblée Nationale ne serait pas sans lendemain, …espérons-le ! Cela était d’autant plus important, que l’on sait combien la pédopsychiatrie manque cruellement de moyens, que le rapport de la cour des comptes, rendu public le 21 mars 2023, a clairement montré [1]. Ce rapport a fait le constat d’une offre de soins mal ou insuffisamment adaptée aux besoins et d’un manque de moyens des CMP et des CMPP qui sont les principaux lieux de soins psychiques, avec des délais de 116 jours en moyenne pour un premier RDV de consultation. Il a montré comment les professionnels étaient dépassés par le temps passé en procédures diagnostiques et évaluatives souvent au détriment du temps consacré à leurs capacités thérapeutiques. Il a été rappelé lors du débat qui a suivi la projection, que selon ce rapport, une population estimée de 1,6 million d’enfants et d’adolescents souffrent d’un trouble psychique alors que seulement 750 000 à 850 000 d’entre eux bénéficient de soins psychiques.

Les intervenants du débat ont tous souligné combien la dimension d’écoute et du temps nécessaire dans une perspective psychodynamique, et avec des pratiques plurielles si bien révélée par ce film, œuvrait pour qu’une prise en compte psychopathologique soigneuse et soignante, soulage la souffrance et la symptomatologie du sujet. Annette Fréjaville est intervenue pour la SEPEA et a mis en exergue les nombreuses demandes de formations qui sont adressés à la SEPEA par des jeunes et moins jeunes psychothérapeutes et a témoigné de la pertinence de la référence au modèle psychanalytique, quand elle s’appuie sur la formation universitaire préalable des professionnels de l’enfance et de l’adolescence et quand elle reste en dialogue avec les disciplines associées à la pédopsychiatrie.

La pédopsychiatrie française dans sa diversité a soutenu la diffusion de ce film et cette projection débat pour redonner sa juste place à la vie psychique et à l’offre de soins psychiques infanto-juvéniles car il s’agit plus que jamais d’une priorité de santé publique. La SEPEA qui fêtera ses 30 ans en 2024 est bien à sa place dans ce combat.

Xavier Giraut, Président  
Annette Fréjaville, Vice-Présidente

  • Ateliers Claude Chassagny : Coraline Mabrouk.
  • API, Association des Psychiatres de secteur Infanto-juvénile :  Christophe Libert.
  • FDCMPP, Fédération des CMPP : Amandine Buffière Fédération.
  • FFP,  Fédération Française des Psychologues et de Psychologie  : Gladys Mondière.
  • FO, Fédération des Orthophonistes de France : Véronique Pupier-Seyfried.
  • FNAM ,E Fédération Nationale des Associations des Maîtres E : Nathalie Bajolle.
  • FNAREN,  Fédération Nationale des Rééducateurs de l’Education nationale : Laetitia Fombelle
  • SEPEA,  Société Européenne de Psychanalyse de l’Enfant et de l’Adolescent : Annette Fréjaville
  • SFPEADA, Société Française de Psychiatrie de l’Enfant et de l’Adolescent et disciplines associées : Catherine Lacour Gonay
  • SNP, Syndicat National des Psychologues  : Florent Simon

Liste des députés présents.  

  • Sandrine Josso, députée Loire Atlantique, Démocrate (MoDem et indépendants).
  • Éric Poulliat, député de la Gironde, Renaissance.
  • Mme Anne-Cécile Violland, députée de la Haute Savoie, Horizons et apparentés.
  • Élise Leboucher, députée de la Sarthe, La France Insoumise – Nouvelle Union Populaire écologique et sociale
  • Chantal Jourdan, députée de L’Orne, Socialistes et apparentés.
  • Pierre Dharréville, député des Bouches-du-Rhône, Gauche démocrate et républicaine – NUPES.

[1] Rapport de la cour des comptes 2023 sur la pédopsychiatrie :  https://www.ccomptes.fr/fr/publications/la-pedopsychiatrie

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TARIFS 60€ pour un séminaire de 3h (inscription individuelle) 90€ pour les deux séminaires (6h) (inscription individuelle) 110€ pour un séminaire de 3h (Formation professionnelle et FIFPL) 180€ pour les deux séminaires (6h) (Formation professionnelle et FIFPL) Pré-requis Séminaire théorique : Ouvert aux praticiens ayant des connaissances en psychopathologie de l’enfant et de l’adolescent Séminaire clinique : Réservé aux personnes répondant aux pré-requis de la SEPEA (expérience psychanalytique personnelle, pratique de la psychothérapie analytique avec l’enfant et l’adolescent). Durée : 6 heures Modalités d’évaluation : Une fiche d’évaluation appréciant l’adéquation de la formation donnée au regard des objectifs prévus (à renvoyer dans les 8 jours). En amont : une fiche de positionnement (un repère des compétences et précise les besoins et attentes du participant). En fin de formation : un questionnaire de satisfaction à renvoyer dans les 8 jours. 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