ÉDITORIAL : La SEPEA aujourd’hui

Créée il y a plus de 30 ans, la Société Européenne pour la Psychanalyse de l’Enfant et de l’Adolescent (SEPEA) est une société européenne et francophone. Son but est de développer et de transmettre aux praticiens travaillant dans le domaine de la santé mentale les connaissances théoriques et les compétences cliniques contemporaines de la psychanalyse avec l’enfant et l’adolescent. Son siège est le pays de résidence de son Président.

Tous les membres de la SEPEA exercent en Europe et font partie de l’Association Psychanalytique Internationale (API) dont ils remplissent les critères de formation professionnelle.

Tout en entretenant des liens étroits avec les associations psychanalytiques nationales et internationales, la SEPEA tient à sa spécificité de communication scientifique et clinique en langue française, en des temps où l’anglais est devenu la langue véhiculaire mondiale. Son identité européenne permet à ses membres et à ses élèves de connaître des psychanalystes d’horizons culturels et sociétaux variés et d’organiser des journées d’études dans divers pays.

Actuellement, elle organise plusieurs événements chaque année, en présence et en ligne, à Aix-en-Provence, Bologne Lisbonne, Lyon, Paris, Rouen. Ses membres ont également été invités à enseigner également à Berlin, Bucarest, Francfort, Gênes, Lille, Londres, Madrid, Mannheim, Marseille, Nice, San Sebastian, Toulouse, Valencia, Vannes, Varsovie…

Toutes demandes d’inscription aux différents événements – Week-ends, Journées, Séminaires – organisés par la SEPEA émanant d’un professionnel de la santé mentale est à adresser au secrétariat de la Société – . Elle sera prise en considération et donnera lieu à une prise de contact individuelle avec un membre de la SEPEA, pour faire plus ample connaissance et répondre aux questions éventuelles surgissant de part et d’autre.

Toute demande d’adhésion d’un psychanalyste confirmé souhaitant devenir membre de la SEPEA peut également être adressée au secrétariat – . et sera examinée par le CA de la SEPEA.

Florence GUIGNARD

Articles récents

  • La pratique psychanalytique contemporaine a considérablement évolué depuis sa fondation. Psychothérapies diverses, individuelles, de groupe, de familles, abord corporel répondent à des besoins cliniques. Cet ouvrage témoigne de la variété et la créativité de la psychanalyse

  • Les récents articles consacrés à la Fondation Vallée et la fermeture précipitée de ses quatre unités d’hospitalisation pédopsychiatrique appellent une réponse mesurée mais ferme de la SEPEA, d’autant que cela a suscité une campagne de remise en cause de la pédopsychiatrie humaine et pas seulement scientifique.  Oui, les enfants hospitalisés doivent être protégés de toute pratique attentatoire à leur dignité. Les témoignages de souffrance méritent d’être entendus et les enquêtes en cours sont nécessaires. Mais il serait grave de laisser sans réponse l’amalgame qui se dessine dans le débat public : celui qui voudrait faire de la référence à la psychanalyse la cause des dysfonctionnements dénoncés, voire de la crise profonde que traverse la pédopsychiatrie française dans son ensemble. Cette caricature est historiquement fausse. Comme le rappelle le Pr Jacques Hochmann, c’est précisément une inspiration psychanalytique, humaniste et pluridisciplinaire qui a permis à Roger Misès de transformer la Fondation Vallée d’un asile archaïque pour enfants dits « arriérés » en un établissement modèle, reconnu internationalement. La psychanalyse, en apportant des éclairages sur l’affectivité et sur la psychogénèse, inhérentes à tout être humain, n’était pas une « fumeuse stratégie interprétative » : elle constituait l’une des sources d’une pratique centrée sur le sujet, attentive à son histoire, à sa famille, à la singularité de son devenir — en dialogue constant avec les apports des neurosciences et de la psychologie du développement. Car c’est là l’essentiel, que nos décideurs semblent oublier : un enfant, puis un adolescent, orienté vers une unité de soins pédopsychiatriques, n’est pas une entité statistique à diagnostiquer et à orienter. C’est un sujet en construction et en développement dont le symptôme exprime moins un état figé qu’une difficulté d’ajustement à un monde encore en grande partie opaque pour lui. Qu’il présente un trouble psychique sévère ou un trouble du neurodéveloppement, son passé fut interactif et son devenir reste ouvert. Le soin digne de ce nom consiste à accompagner ce processus — dans la durée, dans la pluridisciplinarité, en alliance avec sa famille — et non à le réduire à un profil de risque ou à une trajectoire prédite. Nous ne nions pas l’importance d’une démarche diagnostique rigoureuse, ni les attentes légitimes de l’ARS en matière de qualité, d’efficacité et de transparence. Mais diagnostiquer n’est pas soigner. Et une psychiatrie qui se réduit à l’extraction de données, à la gestion des flux et à la réduction des durées de séjour, au détriment du temps clinique et du travail d’équipe, n’est plus une psychiatrie humaniste : c’est, comme le formule le Dr Richard Horowitz, une psychiatrie extractive, qui ferme l’avenir des enfants avant même qu’il ait pu s’ouvrir. La crise de la pédopsychiatrie française est réelle. Elle est documentée — notamment par le rapport de la Cour des Comptes de 2023. Au regard de ce qui en est attendu, elle tient à des années de sous-investissement et d’absence de dialogue : pénurie médicale, raréfaction des professionnels nécessaires aux équipes soignantes pluridisciplinaires, dégradation consécutive des conditions de travail et fragilisation des institutions soignantes. Relevant du service public, elles sont confrontées à des problématiques sociales et environnementales qui s’imbriquent aux difficultés individuelles, affectives et cognitives, des enfants et des adolescents. Ce n’est pas en désignant la psychanalyse, ni même la psychopathologie, comme bouc émissaire, que l’on soignera cette crise. C’est en redonnant aux équipes les moyens, le temps et la légitimité de faire leur métier : accompagner chaque enfant comme un sujet en devenir, dans toute la complexité et la richesse de ce qu’il est.  Annette Fréjaville (SPP SEPEA)Xavier Giraut (SPP SEPEA)  DOCUMENTS ASSOCIÉS Bernard Golse – À propos de la Fondation Vallée : la psychanalyse a bon dos ! Jacques Hochmann – Un amalgame inacceptable : les propos du délégué interministeriel aux troubles neurodéveloppementaux. Richard Horowitz – La psychanalyse extractive face à l’enfance

  • À l’heure où la psychanalyse est très menacée, il importe de rappeler son rôle éminent dans la transformation civilisatrice des établissements de soins, en approfondissant les formes de transferts dans l’institution, notamment en ce qui concerne les pathologies archaïques.)

  • […] J’ai connu Marta en Suisse, tandis que nous étions toutes deux dans les débuts de notre formation « psy » : en psychiatrie pour elle, en psychologie clinique pour moi. Nous avons suivi des enseignements communs – notamment celui, inoubliable, de Julian de Ajuriaguerra – et chacune de nous deux a glané des graines différentes de cet enseignement : tandis que je me suis centrée sur un travail de recherche en équipe pluridisciplinaire dirigée par lui, sur les troubles du langage chez l’enfant, Marta s’est immédiatement sentie attirée par le travail sur le corps et avec le corps en psychothérapie, à partir d’un autre intérêt de ce maître tellement créatif : les apports possibles à la psychanalyse, d’une technique de relaxation. (Moi, j’ai bien essayé, mais comme je m’endormais à chaque fois que je participais à une séance collective de relaxation de formation, j’ai très vite arrêté … J’en ai saisi la raison plus tard, dans mon analyse !)